Deux jeunes femmes du Mojoca en Belgique

20171015_161213Avec l’abuelo Gérard, elles ont fait un véritable tour de Belgique tout au long du mois d’octobre. Ces deux jeunes femmes, Julia et Kenia, ont multiplié les rencontres et impressionné des publics très variés.

Réseau belge d’amitié avec les jeunes de la rue

Un des objectifs de ce « tour de Belgique » était de rencontrer les bénévoles et volontaires du réseau belge pour leur permettre de mieux comprendre le vécu des jeunes de la rue et de mieux percevoir les activités proposées à cette jeunesse exclue. De plus, dans un souci d’éducation au développement, des rencontres dans de nombreuses écoles primaires, secondaires et supérieures étaient prévues.

A peine débarquées, nos deux jeunes amies ont été bombardées de questions sur leurs expériences personnelles et sur le présent et l’avenir du Mojoca. Kenia et Julia ont toujours répondu avec sérénité, clarté, humour et un sens des responsabilités qui ont impressionné leurs auditoires.

Ce n’était pas évident. En effet, elles passaient du jour au lendemain, de groupes de vieux amis du réseau à des classes du primaire ou du secondaire. D’interventions dans la chaleur de repas solidaires ou de concerts à des soirées avec des étudiant-e-s du supérieur. Autre public, autre type d’activités.

Nous proposons quelques échos de ce passage très interpelant et porteur d’espoir, voir le compte-rendu ici.

A qui profite le crime ?

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Un trabajador: de Movistar yace muerto el vlemes en Ciudad de Guatemala.

 

 

 

 

 

 

Les séquences de violences sont hélas quotidiennes dans la capitale du Guatemala. Les jeunes de la rue ne sont évidemment pas les seules victimes. La multinationale espagnole « Telefonica » dont 4 agents ont été assassinés récemment a alerté les médias.

Le quotidien de Madrid « El Pais » propose quelques éléments d’analyse et de contexte dans l’article qu’on pourra lire ici. Il pose la question de savoir pourquoi l’Etat laisse agir impunément las « maras ». Qui tire profit de ces morts violentes (4.500/an) ? Sans doute des criminels très proches du pouvoir.

 

 

Au Guatemala, le président se heurte à « Ivan le terrible »

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Jimmy Morales veut expulser le magistrat colombien à la tête de la commission de l’ONU contre la corruption.

Le président du Guatemala, l’ancien comique de télévision Jimmy Morales, s’est sans doute tiré une balle dans le pied. Il a suscité un tollé en déclarant persona non grata, diman­che 27 août, le Colombien Ivan Velasquez, le magistrat qui est à la tête de la Commission internationale contre l’impunité au Gua­temala (Cicig), placée sous les auspices des Nations unies. Les États-Unis et l’Union européenne, qui soutiennent cette ins­tance créée en 2006 pour suppléer la justice guatémaltèque dé­faillante face au fléau de la corruption, ont menacé de suspendre toute aide au pays centraméricain.
État failli, infiltré par le crime organisé après des décennies de guerre civile et de dictature (1960-1996), le Guatemala commen­çait à peine à reprendre confiance dans ses institutions, grâce justement à la Cicig. « La Cicig est un exemple au niveau interna­tional de bonnes pratiques dans la lutte contre l’impunité et la cor­ruption», assure la Fédération internationale des droits de l’homme, qui a qualifié l’expulsion du magistrat d’ « attentat con­tre la démocratie ». La collaboration entre Ivan Velasquez et la procureure générale Thelma Aldana avait fait ses preuves.

Plusieurs ministres et hauts fonc­tionnaires, en désaccord avec la déci­sion présidentielle, ont présenté leur démission. Lundi, dans la capitale, où les Guatémaltèques se sont aussitôt mobilisés, des manifestants plébisci­taient « Ivan le terrible» et « Aldana la justicière». La célérité avec laquelle les habitants sont descendus dans la rue rappelle les manifestations d’août 2015, qui avaient provoqué la chute du prédécesseur de Jimmy Mo-rales, le général Otto Pérez Molina.

Les électeurs avaient alors plébiscité le comédien, qui se pré­sentait au scrutin présidentiel d’octobre 2015 comme un rem­part contre la corruption généralisée. Problème, un frère et un fils de M. Morales ont été, à leur tour, dans le collimateur de la justice pour des malversations remontant à 2013. Le chef de l’État n’a guère apprécié et l’a fait savoir. Ensuite, c’est sa propre cam­pagne électorale qui a été soupçonnée de financements illicites. Le parquet guatémaltèque, suivant les recommandations de la Cicig, a demandé, vendredi 25 août, la levée de l’immunité prési­dentielle. La Cour constitutionnelle a immédiatement mis son veto à la décision du président d’expulser Ivan Velasquez. Ce no­vice en politique a pris le risque d’une crise de régime pour échapper à la curiosité des juges. La question de son maintien à la tête de l’État se pose désormais.

• PAULO A. PARANAGUA – Le Monde 31.08.2017

L’Europe s’inquiète…

La violence et le non respect des droits de l’homme et d’autres droits élémentaires au Guatemala ont inquiété à ce point le Parlement européen qu’il s’est attelé à la rédaction d’une résolution et, fait plus rare, au rappel de celle-ci

Extraits de la résolution adoptée le 16 février 2017 par le Parlement européen,  et rappelée dans un courrier du 10 juillet demandant l’application d’un jugement de … 2014 de la Corte interamericana de Derechos Humanos (texte intégral en espagnol) :

  • A : Considérant que le Guatemala reçoit un soutien de 187 millions d’euros à consacrer à la sécurité alimentaire, à la résolution des conflits, à la paix, à la sécurité et à la compétitivité (ndlr comment l’UE contrôle-t-elle la ventilation de ces montants entre des objectifs très différents voire contradictoires ?)

……

  • D : …. Entre janvier et novembre 2016, 14 assassinats et 7 tentatives d’assassinats plus 223 agressions contre des défenseurs des D.H., …..

…….

  • F : Considérant que la situation des DH. continue à être très grave ; que la situation des femmes et des peuples indigènes comme celle des migrants est une source de grandes préoccupations ; qu’il faut y ajouter des questions sur l’accès à la justice, les conditions de détention, la conduite de la police et les dénonciations de torture, tout cela dans un contexte de corruption, de complicité et d’impunité généralisées….

 

Extrait de la lettre du 10 juillet :

« … dans sa résolution, le Parlement européen avait accueilli avec satisfaction le projet de réforme du système judiciaire et avait demandé au Congrès du Guatemala qu’il fasse tout pour que ce projet soit intégralement adopté en 2017.

Mais nous avons appris que ce projet est à la traine et même en péril d’être réduit. Aussi nous nous permettons d’insister respectueusement pour que ce projet de réforme de la justice soit repris dans son intégralité et qu’on ne perde pas cette occasion de faire un pas significatif dans la consolidation de l’état de droit au Guatemala »

 

Derrière les formules diplomatiques, on perçoit une impatience certaine, de l’irritation et peut-être de l’impuissance…

Texte intégral

Rien que ça !

Mais quel suivi ?

Los jovenes tienen dos opciones : ser victimas o victimarios

C’est sous ce titre plus percutant en espagnol « Les jeunes ont deux options : être victimes ou agresseurs » que le professeur B. Argueta décrit et analyse la situation d’extrême violence qui règne au Guatemala et en particulier dans la capitale. Un autre article récent le complète utilement.

Deux textes essentiels pour mieux comprendre les jeunes du Mojoca et les conditions difficiles du travail sont à lire ici et ici.

Paulina et Julia

Au Guatemala, à la ville et à la campagne, il y a des femmes formidables qui s’engagent au service de leurs concitoyens pauvres.

Paulina (lire son portrait) était invitée par notre partenaire Entraide et Fraternité. Elle a épaté les ami-e-s qui l’ont rencontrée.

Julia, elle, fait aujourd’hui partie de la Junta Directiva, la coupole du Mojoca. Elle a 25 ans. Enfant, elle a vécu dans un bidonville, elle a rencontré le Mojoca et participé comme bénévole à plusieurs chantiers (Mariposas, Quetzalitas, Talleres solidarios, …). Elle a pu poursuivre des études supérieures.

Elle viendra témoigner de toutes ses expériences les trois premières semaines d’octobre.

N’hésitez pas à l’inviter « chez vous » pour rencontrer des ami-e-s ou des groupes (contact : 063/67 67 01)

Politique de la jeunesse au Guatemala

Ou plutôt oubli de la jeunesse dans les politiques menées au Guatemala.

Et pire : traitements inhumains (comme le 8 mars au « Hogar Seguro »), sous-alimentation, faible taux de scolarisation, extrême pauvreté, …

Le document à lire a été rédigé conjointement par la JOC, le syndicat CGTG, le Mouvement paysan MTC et le Mojoca sur base des chiffres de la commission des Droits humains de l’épiscopat guatémaltèque.

 

Lire La juventud en Guatemala

        Etre jeune au Guatemala

Un 1er mai fraternel

Outre la participation à la manifestation festive, colorée et revendicative du 1 mai (rien à voir avec les discours dans nos villes !), le MOJOCA a invité à signer un communiqué qui appelle à ce que justice soit faite après le massacre de 41 jeunes filles le 8 mars dernier (voir le communiqué). 29 associations nous ont rejoints.

Dans l’après-midi, plusieurs centaines de personnes ont participé dans nos locaux à l’inauguration d’une stèle qui rend un hommage fraternel à ces jeunes rebelles.

 

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Carnet de route

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Philippe et Anne Serck-Vandernoot, amis de longue date du Mojoca, ont séjourné au Guatemala en février.

Philippe a rédigé un journal de bord dont il nous a confié les pages relatant leur passage au Mojoca. Journées très denses et riches en émotions, au plus près des acteurs et des urgences, à lire ici.

 

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« J’ai placé ma fille dans un enfer »

40 adolescentes carbonisées

C’est le cri d’une maman effondrée après le drame du 8 mars au « Hogar seguro » à Guatemala Ciudad. Les fêtes prévues pour la journée internationale des droits des femmes ont laissé la place au deuil, à la colère, à l’indignation et à une profonde tristesse.

Le Mojoca travaille avec les filles et les garçons des rues. Ses amis sont profondément touchés et indignés du sort réservé par une institution d’Etat à ces jeunes filles : maltraitées, mal alimentées, victimes d’abus sexuels, elles se sont rebellées et 40 d’entre elles ont péri carbonisées.

« Hogar seguro » ! C’est le nom de cette institution : « Foyer sûr » ! Y résidaient mélangées et entassées des jeunes placées par leur famille et d’autres condamnées pour divers délits. Ce drame est une preuve de plus de l’absence totale d’une politique de la jeunesse au Guatemala. Pire, les autorités tolèrent que les droits des jeunes soient systématiquement bafoués dans des institutions sensées les protéger.

Ce drame conforte le MOJOCA dans son engagement plus que jamais nécessaire aux côtés des jeunes des rues. Avec des valeurs et une ligne de conduite tout autre : amitié, émancipation, respect de tous les jeunes et de leur dignité.

Pour plus de détails… l’article de El Pais du 12-03-2017

 

L’analyse des circonstances et des causes de ce drame ainsi que de la situation au Guatemala permet de mieux comprendre ce qui a produit un pareil massacre et de resituer l’action du Mojoca dans son contexte social et politique.

Lire le texte de Gérard Lutte