Notre artisanat

 

 

 

Les formations proposées par le MOJOCA aux jeunes de la rue ont pour but de leur fournir des qualifications (couture, boulangerie, pizzeria) qui leur permettront de vivre dignement, en communauté d’amitié, heureux d’appartenir à un mouvement qui résiste, qui s’engage, qui défend …
A défaut de vous faire goûter les délicieuses pizzas nous vous invitons à découvrir les réalisations de l’atelier couture (sur notre site www.mojoca.be). Elles sont la marque d’une culture et sont simplement belles. C’est du « commerce équitable ».
C’est un encouragement et une aide à retrouver une dignité trop souvent bafouée. Il faut voir la fierté des jeunes qui apprennent que leurs réalisations ont du succès en Belgique et en Italie.

C’est du lien  : utiliser, porter sur soi, offrir  : ça laisse des traces qui invitent à rester reliés par la pensée et ça provoque aussi des questions sur le MOJOCA.
C’est de la beauté, des couleurs, des savoir-faire qui viennent d’une culture et qui nous parlent de l’identité de ces peuples de l’Amérique centrale dont le Guatemala et de la culture du peuple MAYA. Et pour eux se vêtir ainsi selon la tradition est l’affirmation d’une identité, un signe de résistance de la part d’un peuple trop souvent maltraité. Disponibles et visibles sur le site  : porte-clés et porte-monnaie, étui lunettes ou de GSM, sacs avec bretelle d’épaule, au sac double … Et encore : superbes nappes et coussins, sets de tables et précieuses maniques pour les plats chauds. Et de petits objets typiques  : guirlandes, bracelets, poupées, marque-pages, … Un joyeux mélange, à tous les prix, où il est difficile de ne pas trouver quelque chose qui plaise et qu’on peut offrir.

Y songer pour organiser un marché de Noël ? On y sera vite !

Pour les modalités pratiques, s’adresser à Jacqueline : Grand Rue, 33 – 6724 Marbehan – tél. 063 41 39 12
ou Béatrice : rue du bailli, 9 – 5080 Warisoulx – tél. 081 51 35 04.

 

Giammattei ???

C’est le nom du vainqueur des élections présidentielles du 11 aout au Guatemala. Il entrera en fonction en janvier 2020. Seulement 40% des électeurs inscrits ont participé au vote. Une nette baisse par rapport aux scrutins précédents. On peut le comprendre : c’était le choix entre la peste et le choléra.
La présidence du comédien Morales ne laissera que de mauvais souvenirs au peuple. On se souviendra du drame du Hogar seguro (41 jeunes filles brulées vives) et de la détérioration des conditions de vie des plus pauvres. Cette année, il a mis un terme prématurément au mandat de la Commission internationale de lutte contre l’impunité (CIGIC). Il est vrai qu’elle avait trainé en justice pas moins de 650 proches du pouvoir. Dont le fils du Président  ! La Commission avait donné l’espoir aux Guatémaltèques qu’il était possible de lutter efficacement contre la corruption et le crime organisé.
Des citoyens ont eu le courage de peindre une fresque avec la mention : « Merci CIGIC. Le peuple n’oubliera pas ». L’ex-patron de la CIGIC parle, lui dans Le Monde de « détérioration persistante de l’Etat de Droit, de démocratie en déliquescence, d’Etat capturé aux mains des groupes les plus puissants ». L’oligarchie dont nous parlons régulièrement.
Et demain ?
Ce nouveau président s’est entouré de gens peu recommandables parmi lesquels des financiers véreux, d’anciens militaires et même des narcotraficants ! 

Comme l’écrit l’hebdomadaire Nomada : « Le système peut respirer et célébrer sa victoire. Alors que la CIGIC l’avait mis dans les cordes entre 2014 et 2018 ». Giammattei a évidemment confirmé la décision de Morales  : plus de CIGC  ! Dans son programme, on ne trouve aucune mesure susceptible d’inquiéter le système et d’instaurer plus de justice sociale et fiscale.
Et pourtant le système a un urgent besoin d’être profondément réformé. Le diagnostic de Nomada est sévère, très sévère :

➜ Un pays profondément inégalitaire : 260 personnes détiennent 56% de la richesse nationale. Tandis que la moitié de la population souffre de malnutrition et vit sous le seuil de pauvreté.
➜ Ce modèle de développement a entrainé cette année la migration de 250.000 Guatémaltèques dans les rangs de la « caravana » que Trump a accueillie avec son mur et son armée.
➜ Le taux d’imposition est très bas (10%) et il ne permet pas d’investir dans les soins de santé, l’éducation, les services publics.
➜ Le pays connait une épidémie de violences et d’abus sexuels contre les femmes et les filles. Un discours de haine contre les communautés indigènes et la communauté LGTBI se répand
➜ Seul 35% de la population a accès à la sécurité sociale.
C’est dire si le contexte dans lequel travaille le Mojoca est difficile. C’est dire aussi que former des jeunes de la rue qui ne se laissent pas entrainer dans la violence, mais au contraire apprennent à se respecter, à développer des comportements citoyens, c’est un projet ambitieux.

La petite foire de Libramont, nous y étions !

Nous étions présents les samedi et dimanche 27 et 28 juillet à la Petite Foire (Semel), à quelques encablures de Libramont et de sa méga-foire agricole (193.000 visiteurs).

Sous la tonnelle d’Entraide et Fraternité, nous avons rejoint les mouvements, associations, producteurs, artisans, … qui se battent inlassablement pour plus de justice et moins d’inégalités ici et dans les pays du Sud de la planète. Pour le climat et l’agro-écologie.
Pour les circuits courts.
De belles rencontres, des retrouvailles, des découvertes, de l’amitié. L’envie de revenir.

Élections au Guatemala

Ce dimanche 16 juin les Guatémaltèques étaient appelés à voter pour élire un.e président.e de la République. Plus de 10 candidat.e.s étaient en présence, mais seulement 3 d’entre eux étaient susceptibles d’être en lice au 2ème tour (le 11 aout). La seule candidate qui aurait pu imprimer un cours nouveau à la politique guatémaltèque, Selma Aladana, a été mise hors jeu en avril (lire les articles). C’est l’épouse d’un ancien président de la République qui arrive largement en tête du scrutin de ce dimanche : Sandra Torres qui se prétend comme sociale-démocrate. En fait, elle fait partie de la même bande qui se relaie depuis des années au pouvoir et dont le premier souci est de maintenir et de promouvoir les intérêts de l’oligarchie.

Deux articles pour mieux situer les enjeux ici et encore ici.

Cinéma

Deux films pour mieux découvrir la société guatémaltèque dans sa complexité.

  • « Temblores- Tremblements » de Jayro Bustamante est sur nos écrans depuis quelques semaines. Bustamante avait réalisé il y a quelques années le merveilleux Ixcanul évoquant la dureté de la vie des paysans forcés à émigrer. Aujourd’hui, c’est une tout autre facette de la société qu’il met en scène : la « bonne » société qui bannit l’homosexualité.
  • « Nuestras madres » est un film belge réalisé par un belgo-guatémaltèque, César Diaz. C’est son premier film qui vient d’être présenté à Cannes et qui y a remporté la Caméra d’or qui récompense le meilleur premier film et le prix de la critique (SACD). Un jeune anthropologue est chargé de retrouver et d’identifier des morts de la guerre civile. Au nombre desquels se trouve son père.

La sortie en Belgique est pour bientôt. Plus de détails sur ces 2 films ici.

La coopération au développement

C’est un des choix importants le 26 mai … et (presque) personne n’en parle ! Que proposent les partis ? Qui s’engage clairement à rompre avec dix années de recul, de privatisations et de politiques plus favorables à la Belgique qu’aux pauvres des pays du Sud ?

On pourra lire ici 3 références pour mieux saisir l’importance de ces enjeux :

  • Le dossier de la Revue Nouvelle de ce mois d’avril. Un dossier solide et sévère, basé sur les données les plus récentes dans lequel on peut lire : « Le cœur de l’efficacité de l’aide au développement est qu’elle serve à améliorer la capacité des communautés de collaborer, entre elles et avec les autres, pour résoudre les grands problèmes vitaux que leur pose leur vie commune, dans un contexte économique, politique et culturel donné. En s’engageant dans une trajectoire tout autre, la coopération belge ne sera non seulement pas en mesure répondre aux besoins des populations locales, mais elle s’empêchera ainsi de lutter contre les causes profondes des inégalités mondiales, elles-mêmes sources de l’insécurité et des migrations forcées que la Belgique voudrait aujourd’hui limiter »
  • Lecture plus facile : l’article de J. Liesenborghs dans Plein Soleil du mois de février 2018  « Coopérer au développement ? Oui, mais comment ? » (A lire ici)
  • Plus spécifiquement Guatemala : « Quand le Guatemala organise l’impunité -Le pouvoir comme structure criminelle mafieuse », Le Monde Diplomatique, avril 2019. Un rappel du comment on en est arrivé à la situation actuelle.

Guatemala : des chiffres révoltants

Aux mains de quelques dizaines de grandes sociétés nationales ou étrangères, l’agrobusiness guatémaltèque alimente le marché mondial en café, bananes, sucre, cardamone, biocarburants, … tandis que le secteur extractif le fournit en argent, zinc, or, etc.

La valeur des produits agricoles exportés chaque année a été multipliée par 4 entre 2000 et 2015, celle des produits miniers par 8.

Durant la même période la pauvreté a augmenté de 7 % pour atteindre 67 % de la population.

Lire l’analyse de Bernard Duterme (CETRI)