Histoire

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Le MOJOCA – Bref historique

C’est en 1993 que Gérard Lutte, un belge originaire de Genappe, a réalisé une enquête et recueilli les récits de vie de 59 filles et garçons des rues (1). La plupart d’entre eux avaient quitté les institutions où ils avaient été placés. Ils ne supportaient plus d’être soumis aux règles des adultes, de ne pouvoir décider eux-mêmes de leur sort et, pour certains, d’être maltraités et séparés de leurs enfants.

Le rêve de créer autre chose avec eux se développa lentement. En tissant des liens d’amitié avec ces filles et ces garçons, en écoutant leurs aspirations, en les aidant à réaliser leurs projets: études, travail, location d’une petite maison, …

Jusqu’à la fin de 1998, le travail se déroulait exclusivement dans la rue. Mais la nécessité d’un lieu se faisait sentir et, grâce au soutien des réseaux d’amitié et de l’Union Européenne, ce fut d’abord l’acquisition du centre éducatif où se situent l’école du Mouvement, les ateliers de formation professionnelle, les lieux de réunion et de formation.

Plus récemment, le Mouvement a pu acquérir la « Casa ocho de marzo » (Maison du 8 mars) pour les jeunes mamans et leurs enfants et louer une autre maison pour les garçons (la casa de los amigos) qui veulent vivre loin de la violence de la rue.

Un nouveau groupe « Generación del cambio » a vu le jour en 2010. Il est constitué des jeunes adolescent(e)s, filles et fils des jeunes rencontrés dans la rue au début de l’histoire du Mouvement et maintenant sortis de la rue. Ces jeunes ne connaitront pas la vie dans la rue. Mieux : ils s’engagent comme acteurs de changement .

La fin de l’année 2012 a été marquée par un tournant important, qualifié de « refondation ». Sans remettre en cause les valeurs et actions menées, les jeunes ont décidé de « mettre le paquet » sur la création de micro-entreprises. C’est la seule manière de créer de l’emploi pour les jeunes les plus marginalisés.
Cela se concrétise dans les « ateliers solidaires » (Talleres solidarios- voir photos) et par l’ouverture en 2013 d’une pizzeria qui propose aussi des « gaufres belges ».
Dans la même perspective, un ambitieux travail de formation professionnelle démarre cette année.

A noter aussi : des avancées importantes sur le chemin de l’autogestion. Avec des prises de responsabilités de plus en plus conséquentes des jeunes dans les différents organes de décision.

Dorénavant, le Mojoca est connu et apprécié par nombre de personnes et associations au Guatemala et dans plusieurs pays. Il est soutenu non seulement financièrement mais aussi sur le plan administratif et éducatif ou encore par des volontaires qui y travaillent six mois ou une année entière.

(1) Gérard Lutte, Les enfants de la rue au Guatemala, Princesses et rêveurs, L’Harmattant, 1997

 

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